Force est de constater qu’Internet constitue une source d’informations considérable. Pourtant, trouver celle que l’on recherche équivaut parfois à chercher une épingle dans une meule de foin.
Sur certains sites, les polices de caractères
trop petites, les liens peu visibles,
les informations qui clignotent,
les menus déroulants complexes
brouillent les pistes. Sans compter les
fenêtres publicitaires (Pop’ups) qui
s’ouvrent à tout bout de champ et
qui comme, par hasard, ne se referment
pas de sitôt !
Des désagréments comme ceux-ci,
l’internaute en rencontre au quotidien.
Alors, quand il s’agit de naviguer
sur la toile à l’aide d’un afficheur
braille et d’une synthèse vocale, les
petits désagréments se muent en véritables
obstacles.
Comme la plupart des internautes
non-voyants, Antonia, surfe sur le
Net à l’aide d’un boîtier braille, appelé
aussi barrette. Ses doigts parcourent
les 80 caractères pour lire l’information
à l’écran. Un logiciel de synthèse
de la parole (Jaws) l’accompagne
également. Jaws transforme
le texte affiché en texte
oral. Avec une voix saccadée et
monocorde, le logiciel transcrit
l’intégralité d’une page
web de gauche à droite et de
haut en bas (telle une dictée) :
“L’altérité virgule c’est le respect
de l’autre dans sa différence
point”, peut-elle ainsi entendre
sur le site d’Altéo.
Pour se déplacer sur le site, Antonia
utilise seulement les touches
du clavier. La souris, outil
bien pratique pour les internautes
voyants, se relève tout à
fait inutilisable pour une personne
aveugle (puisqu’elle ne
peut pas voir où se trouve le
pointeur visuel sur l’écran).
Prêts pour une petite visite virtuelle
“à l’aveugle” ? Connectez-vous sur
votre site web favori et tentez d’accéder
aux rubriques en n’utilisant que
le clavier… Résultat des courses : on
y découvre que les immenses ressources
du web sont parfois tout simplement
inaccessibles. Pourtant, “la nature
du web est son universalité. Il doit
être accessible à toutes les personnes
handicapées”, dixit Tim Berners, directeur
du W3C. Car en matière
d’accessibilité web, des directives internationales
ont été mises au point
par le W3C, un organe de gouvernance
d’Internet. Celles-ci traduisent
la volonté de rendre l’accès au web facile
à tous les citoyens.
Pour rendre son site accessible,
il faut suivre quelques principes
techniques dès la conception.
Par exemple, proposer
une légende pour chaque
photo et image, préciser la
taille des fichiers à télécharger,
mettre des liens clairs et visibles…
Altéo, en tant que mouvement social
de personnes malades,
valides et handicapées, tente à
son tour l’aventure de l’accessibilité
sur son site web.
Altéo a ainsi adopté une structure
simple et claire qui facilite l’accès
à l’information pour tous.
Néanmoins, les chemins vers
l’accessibilité du web étant
parfois semés d’embûches, un travail
considérable reste à fournir pour permettre
à chacun, quel que soit son
handicap, de profiter de ce fabuleux
outil qu’est Internet.
Laurence Biron