4 % : c’est le pourcentage de sites web en Belgique qui sont accessibles, c’est-à-dire conçus de manière à ce que l’information puisse être correctement perçue par tous leurs visiteurs, y compris les personnes atteintes d’un handicap. [1]
Pour Altéo asbl - qui défend les droits des personnes handicapées - ce chiffre représente une réelle discrimination. Alors qu’Internet devrait favoriser les échanges sociaux et l’autonomie des personnes handicapées, il devient une source de difficultés supplémentaires.
Si cette situation est préoccupante, elle ne fait toutefois pas figure d’exception en Europe. En 2007, la Commission européenne a constaté à regret que seulement 5 % des sites web publics et 3 % des sites web privés sont pleinement accessibles au regard des directives internationales . Cependant, les politiques en la matière pour y remédier diffèrent. Depuis 2004, la Grande Bretagne a rendu légalement obligatoire l’accessibilité des sites web, publics comme privés. La Belgique, quant à elle, n’a pas pris de mesures législatives très contraignantes à cet égard.
Mais, la galaxie du web, c’est aussi l’affaire de ses usagers. L’internaute moderne est de plus en plus amené à créer et diffuser de l’information. A côté des grands sites commerciaux ou institutionnels, on trouve sur la toile d’innombrables sites de petite taille et d’initiatives personnelles comme les blogs. Altéo souhaite attirer l’attention des acteurs du web - qu’ils soient professionnels responsables de la conception et du développement de sites web (graphistes, rédacteurs, webmasters) ou bloggeurs – à l’accessibilité sur la toile.
D’où l’idée d’une campagne de sensibilisation ludique et instructive. A l’aide d’un quizz plein d’humour, Altéo démystifie d’abord l’internaute atteint d’un handicap. Puis, invite à découvrir sur le site web : www.willyontheweb.be les contraintes des modes de navigation spécifiques (barrette braille, lecteur d’écran, joystick…) au travers de témoignages d’utilisateurs. Créer des menus adaptés à une dextérité limitée, prévoir des substituts visuels pour les personnes malvoyantes, éviter les animations Flash trop rapides… voilà quelques moyens techniques de rendre son site plus accueillant aux personnes atteintes d’un handicap.
Ces efforts se trouvent d’ailleurs bien vite récompensés. En effet, concevoir un site web accessible au plus grand nombre permet d’améliorer le confort de navigation et le référencement du site sur les moteurs de recherche. Cela facilite aussi la gestion du site web et permet d’exploiter de nouveaux créneaux (compatibilité avec les supports des GSM)… Autant de bonnes raisons d’agir pour un web accessible à tous !
Laurence Biron
Article paru dans En marche du 20 novembre
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[1] Enquête menée fin 2007 par la Katholieke Hogeschool Kempen